Une page se tourne
Certains le savaient déjà, mais j'ai quitté SFEIR il y a un gros mois et je trouvais ça intéressant d'en parler.
Disclaimer : je ne vais pas dénigrer SFEIR, si vous êtes là pour ça, vous pouvez passer votre chemin, il n'y aura pas de sang ici… L'idée c'est de partager sur mon passage chez SFEIR, sur pourquoi j'avais signé et pourquoi je pars. Tout ce que je vais écrire ici c'est mon ressenti, mon vécu, c'est pas une critique de l'entreprise ni des gens qui la compose, c'est juste une expression de comment ça s'est passé pour moi.
Au commencement il y avait un tout petit bureau …🔗
L'histoire de SFEIR Nantes a commencé en juin 2018. Jean-François Garreau (le Directeur Technique, que je connaissais déjà via le GDG Nantes vu que j'étais pas mal présent en meetup à l'époque), Sabrina Rivier (la Directrice Commerciale) et Annabelle Koster (la Talent Advocate, que je connaissais déjà bien, car elle travaillait aussi chez SII et se faisait une vraie place sur les meetups) montent l'agence avec une vraie vision, une vraie envie de faire vivre la marque SFEIR à Nantes à travers l'expertise tech en s'entourant de personne qui pourraient aussi faire rayonner la marque et apporter de l'expertise en mission et au sein de l'agence.
À l'époque j'étais salarié de SII Atlantique, en mission chez OUI Sncf, dans une super équipe, avec des gens incroyables, j'apprenais tous les jours des trucs, on faisait des trucs super intéressant, les utilisateurs des produits qu'on développait était physiquement à quelques mètres de nous sur les bureaux autours. Puis pour divers raisons, mon équipe allait disparaitre, avec en parallèle pas grand-chose qui bougeait côté SII (comprendre que j'ai fait pas mal de propositions pour faire des choses, en grande partie en donnant de mon temps perso, mais que rien ne passait). Il était temps pour moi de partir.
J'ai tenté ma chance en postulant chez SFEIR. Au vu des échanges que j'avais eus avec des Sfeirien sur le stand du Devfest Nantes, avec la conviction que je n'avais aucune chance que ça passe mais en me disant que ça me donnerait un palier à atteindre pour re-postuler plus tard. Premier entretien en algo avec Jean-François, dans ma tête je me dis que c'est déjà fini, j'ai aucune chance face à Jef de donner quelque chose… Quelques jours plus tard Annabelle me dit que je dois aller sur Paris pour faire les deux autres tests techniques (à l'époque, le seul dev à Nantes c'était Jef, or dans le framework de recrutement de SFEIR, on doit être évalué par trois pairs), qui ont été autant d'appréhension que l'algo pour finalement une réussite. Quand j'ai appris que j'allais avoir une proposition, j'ai signé sans trop réfléchir plus loin : dès les tests j'avais un challenge (alors que SII ne m'en proposait aucun), dès les échanges avec les évaluateurs je sentais un mindset commun, une certaine volonté de challenger avec bienveillance, de construire ensemble, pile ce que je cherchais.
Pour tout dire, il y a pas mal de choses que j'aimais chez SFEIR. Déjà le fait que la direction à tous les niveaux se faisait à deux têtes : le directeur technique et directeur commercial partage le pouvoir et doivent tout décider ensemble ; pour moi c'est la garantie que la tech (un bon 90% de l'effectif d'une ESN comme SFEIR) sera écouté, aura un impact. Le fait que l'agence de Nantes soit petite (3 personnes quand j'ai passé mes tests, 5 quand j'ai effectivement commencé), donc tout à construire, avec moyen de mettre de moi dans la trajectoire de l'agence. Une volonté de créer une communauté de passionné de tech à Nantes avec lesquels échanger au besoin, mais aussi s'intégrer au groupe avec pas mal d'échange entre agence. Beaucoup d'option pour faire des choses : conférences, meetup, organiser des événements, partager sur des sujets tech, etc.
… et puis 7 années sont passés …🔗
7 ans plus tard (7 ans le 4 mars 2026, donc même un peu plus que ça), j'étais encore là.
J'ai pu faire beaucoup de chose chez SFEIR. J'ai été formateur (Angular, RxJS, React, TypeScript, Cypress, Playwright et Quarkus). J'ai écrit des formations. J'ai été speaker. J'ai fait passer des tests techniques aux candidats. J'ai été organisateur d'un meetup interne pendant un peu plus de 2 ans seul (avant de passer la main sur l'orga mais en donnant des coups de mains au besoin). J'ai été organisateur d'événements pas du tout tech aussi (repas de Noël et soirée chandeleur). J'ai aussi fait de l'accompagnement et du coaching autour de pleins de sujet dont les certifications Angular et React. J'ai aussi pris une casquette dans le staff avec le rôle de Staff Engineer, donné mon avis sur la trajectoire de la boite. Mais aussi un rôle d'élu au CSE. Beaucoup de moment à rire aussi, des personnes que j'apprécie sincèrement et avec qui j'ai adoré travailler (de loin parce que pas sur les mêmes projets mais aussi directement dans la même équipe pour certains). Et plein d'autres choses.
J'ai donné beaucoup d'énergie perso pour SFEIR. Parce que j'ai estimé que ça valait le coup. Parce que j'avais envie de le faire. Parce que j'avais un manager qui me comprenait et savait me montrer des portes que je pouvais ouvrir quand des opportunités apparaissaient et qu'il pensait que j'étais la bonne personne pour ça. Parce que clairement, 7 ans chez SFEIR c'est aussi parce que j'ai toujours eu un bon manager. Au début c'était Jean-François, puis Damien, puis à nouveau Jean-François. Je ne serais pas resté aussi longtemps sans ça, c'est certain !
Mais en 7 ans on change. En tout cas, en 7 ans j'ai changé. J'ai commencé chez SFEIR avec très peu confiance en moi et ma capacité à réaliser des choses compliquées, j'en pars avec beaucoup plus de confiance, je sais que je peux faire plein de choses, je me projette sur des rôles très différents, et même si j'ai toujours beaucoup de doute sur mes compétences, sur qui je suis, etc. j'ai appris à tenter plus, à me faire confiance, à prendre des risques. Et aussi des changements dans ma vie personnelle, un déménagement à côté de Cholet (environ 1h de train/voiture de Nantes), une vie de famille qui impose quelques changements de rythmes de vie.
En 7 ans l'agence a changé aussi. Quand j'ai démarré en 2019, SFEIR Nantes c'était un tout petit bureau un peu sombre dans un espace de coworking avec 5-6 personnes, et 8 places assises, aujourd'hui SFEIR c'est avec un bureau de presque 200m², un petit open space, une salle de formation, une soixantaine de personnes à l'agence.
En 7 ans SFEIR a changé. Un directeur qui part, une réorganisation, une volonté de faire grossir la boite autrement, la fin de la direction à deux têtes à tous les niveaux, une perte de sens de pas mal de décisions…
Après 7 ans, je ne me sentais plus vraiment aligné avec l'entreprise et sa trajectoire, je ne me voyais plus évoluer non plus chez SFEIR, j'étais fatigué de voir des certains sujets qui ne bougeait pas, fatigué de lever des alertes qui n'était pas écouté côté direction à Paris, fatigué de m'investir dans une double vie pro (une vie pro chez SFEIR et une vie pro chez mon client), me sentir de moins en moins constructif (même si on ne me l'a jamais dit, je le voyais que j'aurais pas réagi comme ça 1 ou 2 ans plus tôt ; sincèrement désolé si j'ai pu blesser certains sans m'en rendre compte).
… il était temps pour moi de prendre un autre chemin …🔗
Même si quitter l'équipe SFEIR Nantes, qui était un peu ma seconde famille après tout ce temps, était difficile, il fallait que je réagisse.
J'étais tout doucement en train de me perdre moi. Je commençais à montrer des signes de burn out. Après 10 ans en ESN, je n'en pouvais plus de ce système. Et je me sentais de moins en moins à ma place à l'agence (le fait de ne plus vivre à Nantes et donc moins être présent à l'agence y a joué c'est certain, mais mon envie de partir à commencer à germer avant même de quitter Nantes).
J'ai beaucoup de projet en tête, beaucoup de chose que j'aimerais réaliser / créer mais le panel d'activité de SFEIR m'empêchait de le faire car j'aurais été en conflit contractuel. Je n'en parlerais pas ici pour l'instant, ça viendra (ou pas) le moment venu, pour l'instant ça reste dans un coin de ma tête.
Une nouvelle mission… Ou pas !🔗
En parallèle de tout un cheminement qui m'a pris bien entre 1 et 2 ans, j'ai rejoint France Travail en tant que prestataire. En travaillant pour une entreprise avec une mission service public, j'ai pu mettre mes compétences au service d'un morceau de bien commun, au service de l'emploi des autres (je sais que tout ce système a ses limites, mais ce n'est pas en le critiquant qu'on change les choses, c'est en agissant à mon sens).
En tout cas, même si tout n'est pas parfait chez France Travail, je m'y sens bien. Mon équipe est extra, mon projet intéressant.
Et puis j'ai eu l'opportunité de passer interne, j'ai eu l'opportunité d'évoluer au passage (passer de Lead Dev à Tech Lead), j'ai eu l'option de signer pour rester dans un cadre qui me convenait bien, pour réaliser une roadmap que j'étais en train de commencer à construire pour les 2 prochaines années.
J'ai commencé il y a peu chez France Travail en interne. Je ne sais pas comment ça se passera dans le temps, mais je me projette dans le modèle de fonctionnement qui finalement ressemble un peu à une ESN sur pas mal d'aspects et je pense que certaines grosses DSI par lesquelles je suis passée devraient s'inspirer du modèle de fonctionnement de France Travail.
Note : pourquoi je dis que le fonctionnement ressemble à une ESN ? Chez France Travail on a deux managers : un Responsable Opérationnel (RO) et une Responsable Pour la Carrière (RPC). Le RO nous définit notre rôle au quotidien dans l'équipe, nos responsabilités, notre mission. Notre RPC va lui suivre notre carrière, notre évolution personnelle, notre projection à long terme, notre employabilité, nous suivre de projet en projet (en interne on dit de missionement en missionement), en se basant sur un mélange entre nos envies et les besoins de l'entreprise. Finalement comme en ESN on a un manager côté ESN qui va nous aider à rester en correspondance du besoin du marché et nous accompagner en termes d'évolution salariale et professionnel, et un manager côté client qui va faire le suivi au quotidien dans le projet.
Conclusion🔗
Alors que pendant mes études je me disais que je ne voulais surtout pas travailler en ESN (à l'époque on disait encore SSII (Société de Service en Ingénierie Informatique)), j'aurais travaillé 10 ans en tant que prestataire. J'aurais travaillé chez 7 clients différents, j'aurais travaillé sur plus d'une quinzaine de projets/produits en build (construit depuis rien et emmené en production) et run (sur des projets déjà existant, à devoir les maintenir, faire les correctifs et les faire évoluer techniquement et fonctionnellement). En ESN et particulièrement chez SFEIR, j'aurais pu grandir, pas après pas.
Sans ordre particulier, et plus toujours chez SFEIR au moment où j'écris ça, merci à Jef, Annabelle, Damien, Adrien, Gildas, Morgane, Emmanuel, Yoann, Frédéric, Valentin, Claude, Justine, Julien, Julien (pas une erreur, pas faute d'avoir dit à Justine que recruter des homonymes c'est pas pratique 🤪), Mathob, Benjamin, Benoit, Benoit (encore une sombre histoire d'homonymes…), Hoani, William, Alexis, Arthur, Jean-Alain, Florian, Florian (bon c'est fini les homonymes ?), Denis, Guillaume, Guillaume (toujours pas on dirait…), Stéphane, Jonathan, Jonathan (c'est quoi ce boulot Justine ? 😵), Thomas, Nebras, et tant d'autres à Nantes ou même globalement chez SFEIR. Si vous passez par là, vraiment dites-vous que sans vous je ne serais pas là, et que je suis très heureux d'avoir pu apprendre tant de chacun de vous ! J'espère avoir pu vous apporter deux trois trucs moi aussi !
En bref : je suis content d'avoir fait ces 7 ans chez SFEIR, mais je suis aussi content de partir au final, je pars pour une nouvelle aventure en mettant un point sur l'histoire SFEIR qui commençait à devenir un peu trop lourde.
Merci aussi à Lise, Marietta, Thibaud, Guillaume et Nicolas de m'avoir fait confiance en m'accompagnant sur passage en interne chez France Travail !
Crédit photo : Générée via Mistral AI avec le prompt suivant :
Two floating islands in a golden sky, connected by a sculpted wooden bridge crossing the image from left to right. The left island (symbolizing SFEIR) is autumnal, with trees featuring red, orange, and yellow leaves, discrete holographic screens (wooden frames) displaying lines of code, and anthropomorphic animals (axolotls, pandas, cats, and squirrels) waving goodbye. The right island (symbolizing France Travail) is spring-like, with blooming trees and vibrant flowers, futuristic buildings blended into nature, and anthropomorphic animals (phoenix, firefox, red pandas, and birds) eagerly waiting. A red panda (anthropomorphic, male, 33 years old, round face, full cheeks, marked chin, curly hair tied in a low bun, short dense beard, dark brown slightly squinted eyes, black rectangular thin glasses, subtle silver chain necklace, robust build, broad shoulders, wearing a t-shirt and jeans) is crossing the bridge from left to right, carrying a backpack filled with notebooks and technical books. Maple leaves (8-10, red/orange/yellow) float around him, and a soft golden halo surrounds him. The scene is inspired by Studio Ghibli, with warm, poetic, and dreamy colors (beiges, soft oranges, warm browns for the left island, and soft greens, pale pinks for the right island), and a blend of organic and high-tech elements. The bridge is decorated with carved patterns and lanterns.